Environnement, politique : quelle place pour l’affichage publicitaire dans nos villes en 2022 ?

Article de blog

L'affichage publicitaire

Dans un monde où la publicité a envahi notre quotidien, physique comme digital, comment repenser un espace de vie plus clair et plus sain ?

De nombreuses associations militent pour la réduction de l’affichage publicitaire dans les villes, appuyées par des actions citoyennes fortes et volontairement provocantes. 

Vandalisme sur les bâches publicitaires, obstruction des sucettes et panneaux d’abribus ou encore sabotage des dispositifs urbains… Le glas serait-il en train de sonner pour la réclame dans l’espace public ? 

C’est ce que semble indiquer la multiplication d’actes de brandalism (brand + vandalism) ces dernières années. 

Bien sûr, repenser la ville de demain, plus apaisée et plus équilibrée est devenu une nécessité. Comment permettre aux piétons, aux paysages, aux végétaux mais aussi à la culture de retrouver la place qui leur est due ?

Réduire l’affichage publicitaire en 2022 : quels enjeux ?

Si les citoyens français sont aussi nombreux à vouloir réduire l’affichage publicitaire dans l’espace public, ce n’est pas sans raison. 

“On veut des arbres, pas des pubs.”

“No pub.”

“La pub pollue le cerveau de nos enfants.”

En effet, c’est au nom de plusieurs ambitions – à la fois sociétales et environnementales – que les individus s’insurgent face à l’abondance d’annonces auxquelles ils sont chaque jour exposés contre leur gré : 

  • Préserver la qualité paysagère et urbaine des villes, notamment celle des quartiers historiques et des monuments ;
  • Lutter contre la pollution lumineuse principalement due à l’affichage digital ;
  • Réduire le nombre et la taille de l’ensemble des dispositifs de publicité ;
  • Mettre en valeur les commerces et les entreprises locales plutôt que de grandes multinationales.
  • Garantir une équité territoriale afin d’équilibrer la pression publicitaire entre les centre-villes et les périphéries.

 

Et cela, les administrations territoriales l’ont bien compris. C’est sans surprise que les métropoles intègrent donc ces volontés à leur politique de transition vers une économie plus locale mais aussi plus respectueuse de l’environnement. 

Un cadre réglementaire déjà strict… mais pas suffisant ?

Actuellement, la plupart des métropoles imposent une taxe réglementaire sur la publicité dans l’espace public (TLPE)

Celle-ci concerne tous les supports publicitaires fixes, extérieurs et visibles depuis la voie publique définis par l’article L.581-3 du code de l’environnement à savoir : 

  • Dispositifs publicitaires : tous les supports contenant une publicité, comme l’affichage publicitaire, par exemple.
  • Enseignes : toute inscription ou visuel apposé sur un immeuble ou situé sur un terrain portant sur une activité qui s’y exerce. Cela concerne en général les commerçants. 
  • Pré-enseignes : toute inscription ou visuel indiquant la proximité d’un lieu ou s’exerce une activité. Les pré-enseignes dérogatoires sont incluses. 

Tous les supports publicitaires sont taxés par face. De fait, un panneau publicitaire recto verso est soumis deux fois à la TLPE. 

Par conséquent, un dispositif permettant l’affichage successif de plusieurs affiches (sucette publicitaire) alors les tarifs sont multipliés selon le nombre de visuels visibles. 

Nota bene ; si la TLPE s’est substituée aux TSE et TSA, il se peut que votre commune ait décidé de conserver ces anciennes taxes. Pour en savoir plus, contactez l’administration de votre commune

En ce qui concerne la réglementation spécifique à la métropole de Lyon, celle-ci dispose depuis mars 2001 d’un règlement local de publicité des enseignes et pré-enseignes. 

Elle propose 3 zones de publicité restreintes pour réguler l’affichage publicitaire :

  • ZRP1 : seule la publicité sur le mobilier urbain est autorisée.

Secteurs : Presqu’île (sauf Bellecour) Lyon 5e (sauf Vieux Lyon), Tête d’Or, Gerland.

  • ZRP2 : la publicité est autorisée sur le mobilier urbain, les façades aveugles, les murs pignons et les murs de clôtures pleins ;

Secteurs : Lyon 7e Nord, Lyon 6e, Lyon 3e Nord, Lyon 2 secteur Perrache.

  • ZRP3 : la publicité est autorisée sous certaines conditions

Secteurs : Lyon 7e Sud, Lyon 5e, Lyon 9e, Lyon 8e, Lyon 3e Sud. 

Certaines zones précises sont également réglementées en raison de leur caractère historique :

  • Vieux Lyon (zone de sauvegarde)
  • Place Bellecour (protection des monuments)
  • Île Barbe (périmètre inscrit au patrimoine) 

Le secteur Part-Dieu, quant à lui, est soumis à la réglementation nationale en vigueur.

fond-ardoise

Régulation de la publicité : de nouveaux engagements pour 2022

Depuis plus d’un an maintenant, la ville de Lyon travaille sur de nouvelles mesures réglementaires pour réduire l’affichage publicitaire. 

Après avoir consulté plusieurs communes, associations de défense et professionnels de l’affichage, un nouveau règlement local de publicité est en cours d’élaboration. 

Comme son prédécesseur, il propose un découpage précis de la ville et conserve les mesures déjà en vigueur. Néanmoins, la redéfinition du zonage sera votée entre décembre 2021 et mars 2022. 

La grande nouveauté de ce règlement 2.0 réside dans l’intégration de la pédagogie et de l’accompagnement des annonceurs. 

En effet, la ville de Lyon vise à favoriser des affichages publicitaires “native” et ne dénaturant pas le paysage urbain. Voici quelques mesures fortes déjà connues à ce jour :

  • Interdiction des écrans numériques et bâches de chantier dans toute la ville ;
  • Extinction des publicités digitales de minuit à 6h00 du matin ;
  • Réduction du nombre de panneaux publicitaires ;
  • Réduction de la taille des panneaux publicitaires (4m² maximum)
  • Interdiction des publicités lumineuses en toiture (comme celles présentes sur les quais du Rhône : Fiducial, Liligo, etc)
  • Diminution des publicités autour de plus de 95% des établissements scolaires sur tout le territoire de la métropole. 

 

Enfin, demeure la question de l’affichage publicitaire sur le mobilier urbain – comme les abribus – sur laquelle la métropole lyonnaise ne se prononce pas. 

Qu’à-cela-ne-tienne, les mesures annoncées doivent encore être discutées afin d’être votées définitivement à l’automne 2022. 

On notera cependant une vraie volonté d’encadrer et accompagner les commerces locaux dans l’intégration d’enseignes publicitaires plus “naturelles” dans le paysage urbain. 

Cette volonté d’assainir la ville et de proposer une réclame plus organique soulève de nombreuses questions.

Comment faire de l’affichage publicitaire éthique en 2022 ? Comment créer des publicités destinées à se fondre dans le décor ? Doit-on abandonner l’affichage digitale de manière définitive ? 

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